D9CT0 APPROCHE DISC.DE LA COMMUNICATION (TAF_N°1)

Sujet: L’Ethique et l’Information, enjeux et problèmes.

Autant la problématique de l’éthique et de son appréhension est grande, autant les enjeux et les problèmes de communication de l’information sont difficilement émulsifiants. Les problèmes peuvent donc revêtir plusieurs aspects à savoir, la difficulté d’accès aux sources d’informations, les procédures, les lenteurs, les délais et la qualité de l’information (surtout en information journalistique), la description phénoménologique comme évoquée ci-dessus, la sensibilité de l’information (documentaire parfois), la gestion et la manipulation de l’information recueillie, la responsabilité sociale de l’informateur (qui dans la plupart de temps a un rôle éducateur, pédagogique et civique) et enfin le contrôle technique de l’information (sanction, pare-feu, filtres etc.) lié au support (cybernétique, infographiste, télégraphique, audiovisuel, interne ou externe à l’informateur).

 

Sur la même lancée, les enjeux sont de plusieurs ordres et reposent sur le recueil,  l’analyse, le traitement et la divulgation de l’information à travers différents supports médiatiques. Chacun de ces aspects ayant été au fil des années transformés par l’évolution du contexte économique (enjeu économique), du contexte démographique (enjeu social) et au niveau technologique et politique (enjeu politique) de ces derniers temps. Il ne se passe donc une journée sans qu’une information médiatique/médiatisée ne fasse l’objet d’un questionnement de la part des humains (médiateurs, journalistes, politiciens, fonctionnaires etc.). C’est  pour cela qu’il m’a semblé pertinent d’aborder cet aspect d’un point de vue généalogique et étymologique, sans verser dans une démagogie langagière.

La problématique de l’éthique a très souvent été abordée sur un plan sémantique et non institutionnel. Pour contourner cette logique antique de la notion d’éthique, l’approche envisagée tout au long de ce travail reste et demeure applicable dans un contexte essentiellement compétitif. Le but pour moi étant de rendre cette notion sous forme adversative au niveau des institutions médiatiques, de la compréhension de ses bienfaits et de ses inconvénients selon le choix opéré. D’où la délimitation éventuelle de « l’éthique » prise comme entité unique et, « l’éthique des affaires », qui s’intéresse aussi bien aux institutions compétitives qu’aux individus mis à part. Cette ambivalence fait voir que sur le plan managérial, la sécurisation des systèmes d’information reste un enjeu majeur, au même titre que la diminution des vulnérabilités induite par le facteur humain, facteurs primordiaux que devraient prendre en compte chaque média. En ce moment, la continuité en cas de sinistre prendrait une dimension assez importante, découlant donc des nouvelles normes réglementaires.

Dans le cadre des travaux relatifs à l’information, à la communication ainsi qu’à l’éthique telle que escomptés pour ce travail, il est requis le respect des normes conventionnelles de déontologie liée à la discipline qu’est la communication.

Ainsi donc, les conditions permettant d’informer le public sur l’actualité sont soumises à des transformations fondamentales pouvant modifier à terme la pratique des échanges organisationnels.

Les nouvelles technologies médiatiques, avec leurs dimensions de gratuité et d’immédiateté, soumettent la recherche/formation à des contraintes pouvant à long terme fragiliser en contexte démocratique, le système médiatique dans l’ensemble. Si pour Daniel Cornu du groupe EDIPRESSE la question d’un « déploiement en pareilles circonstances d’une éthique capable de réguler les évolutions actuelles pratiquement au changement en cours subsiste » Raphaël Capurro de la même institution quant-à-lui pense que « l’organisation des médias ainsi que leurs messages, doivent être en consonance avec le système démocratique, ou plus généralement avec les droits de l’homme ».

Cependant, on relève tout de même que des discours critiques fusent de toutes parts sur des médias, malgré le progrès des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). Ce qui démontre que ces médias ne sont pas encore en consonance avec les libertés démocratiques et précisément, ne contribuent pas ou pas encore au développement de ces libertés.

A travers cet exposé, la question qui semble se dégager serait de savoir quels sont les risques d’usage de certains outils de distribution de l’information ? Ce qu’une valeur ajoutée de liberté peut signifier pour un ensemble d’individus qui pourraient utiliser leurs libertés pour abuser de celles des autres ?

Des difficultés multiformes d’accès aux sources réelles d’informations seraient donc perceptibles, selon qu’on soit dans le secteur public ou privé, de la presse documentaire (information documentaire) ou journalistique (information médiatique directe).

L’autre aspect non moins négligeable est celui du phénomène (ou de l’activité) à la suite duquel découle l’information, d’autant plus qu’il s’expliquerait de façon psycholinguistique par la pensée de Laks (1996), qui a proposé un modèle linguistique dynamique articulé autour des niveaux « symbolique », « subsymbolique » et « physique » et s’expliquant par le fait que la sensibilité de l’information au niveau conceptuel n’est pas à priori elle-même causale mais permet tout de même de dégager les objets d’une analyse cognitive, de décrire et d’expliquer les processus mis en œuvre. C’est donc dans le couplage entre les fonctions cognitives de catégorisation de l’information (au niveau du concepteur) et l’équipement sensorimoteur lié à l’éthique et à la déontologie de la communication formelle, que s’ancreront tous contenus sémantiques, indépendamment de l’incidence ou de l’impact de cette information sur le public et en rapport avec le respect des faits car dit-on très souvent, les faits sont sacrés.

Les médias quant-à-eux, comme toutes autres technologies, ne sauraient donc être des outils neutres, bien plus, lourds de significations ontologiques i.e. d’un champ de possibilités pour la vie humaine, qui doit être thématisé si l’on veut ouvrir les questions d’éthique de fond en comble. Ce qui s’explique par l’idée de Joceline Arquembourg dans ‘’problématiques communicationnelles’’, qui explique que le modèle de la transmission de l’information (communication) ne prend pas en compte les contextes et les co-textes, les signes et les langues, les dispositifs sociotechniques et la dimension pragmatique de l’information. Toutefois, « Le réel raconté dicte interminablement ce qu’il faut croire et ce qu’il faut faire. Et qu’opposer à des faits? On ne peut que s’incliner, et obéir à ce qu’ils « signifient » comme l’oracle de Delphes » (Michel de Certeau, L’invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1990.) ;

L’information, vue sous plusieurs angles et selon le contexte, se défini en pareille circonstance selon moi comme étant ‘‘un ensemble de renseignements obtenus avant, pendant et après un phénomène, suivant une analyse technologique, sociale, politique etc. et susceptible d’être codé pour être conservé, traité ou communiqué’’. L’analyse philosophique de cette notion d’ « éthique » revêt ainsi trois caractères notamment la « vérité », le « pouvoir » et le « désir ». Ce qui de fait, évoque la controverse platonicienne à propos de la relation entre êtres, parole et écriture. En citant Platon, Kant et Socrate pour situer cette partie de mes travaux, il est normal de voir en cela un effet pluriel et en phase avec les réalités du moment.

Ainsi, Socrate pense que les questions de vérité, pouvoir et désir sont des questions d’Etat. Elles semblent être à l’opposé de toutes fixations sensibles mais cherchent à découvrir le suprasensible. Platon quant-à-lui va songer à exposer la duplicité des faits au regard de l’information écrite et divulguée car, la parole reste pour lui la vérité de l’écriture mais seulement entant qu’elle cherche sa mesure non pas en-deçà mais au-delà d’elle-même dans le champ de la pensée pure. Kant va renverser cette relation en déclarant que la « condition de possibilité d’une pensée libre n’est pas donnée par le développement que cette pensée pourrait faire au-delà de la parole et de l’écriture… tout à l’inverse, c’est la liberté de communication qui rend possible la liberté de pensée ». Ce renversement selon moi concernerait ‘‘non seulement le primat de la communication par rapport à la pensée pure, mais aussi, le primat de l’écriture par rapport à l’oralité’’.

L’éthique s’apparente à une nébuleuse autour de laquelle les individus entretiennent des rapports synallagmatiques, marqués par une révolution permanente des médias, donnant ainsi une vision nouvelle du renversement dans les relations entre ces êtres faisant de la parole et de l’écriture un platonisme inversé. C’est l’être médiatisé qui aurait à l’avenir la prééminence par rapport à la parole et l’écriture. Pour vous en convaincre, il y a lieu de dire que kremer-Marietti (1993) dans la structuration des représentations mentales, disait je cite : « la machine cérébrale construit des représentations mentales qui représente le monde qui l’entoure ». L’information étant une œuvre spirituelle émanant des phénomènes comme dit plus haut, il va de soi qu’à l’avenir, les fonctions cognitives supérieures, caractérisées par plusieurs niveaux d’organisations notamment la construction des images externes (observation, recueil, analyse de l’information brute), la transformation des images externes en concept (le traitement de l’information reçue, la contextualisation de celle-ci) et l’intégration de ces concepts dans les abstractions plus élevées (divulgation de l’information au public), favorisent cette prééminence.

Relever les enjeux et les problèmes de l’éthique et l’information reviendrait à coup sûr à examiner cette révolution médiatique de plus près, en nous appuyant sur la trilogie Vérité-Pouvoir-Désir, dont la complémentarité des trois concepts ferait de l’information (communication en général) un véritable outil de développement de la société.

  1. Médias et vérité :

Plusieurs questions taraudent l’esprit mais, nous observons que le monde devient image, non plus comme représentation d’un objet dans la conscience subjective mais, comme multi-vision pour un sujet qui serait universel. i.e qu’une société ouverte a besoin de tous et, l’information est le canal par lequel cette société doit être connue. Nées sur une rupture avec les approches descriptives du comportement et de la montée corrélative de la question de l’intelligence, pensée comme processus de traitement de l’information, les sciences cognitives favorisent l’observation des objets, des faits réels et leur interprétation, afin que l’objet devenu représentation reste paradoxalement inaccessible dans son immédiateté.

Au cœur d’une pédagogie qui se veut constructive du fait des singularités qui cherchent leurs vérités en dialogue propre avec la véracité des faits, i.e. avec la réalité des faits vécus/recueillis et transmis, on retrouve l’éthique de l’information au centre de la vérité des médias . Ainsi, l’information devient une rhétorique et non plus une discipline technique pour la structure. Ce qui nous pousse à croire qu’il faut séparer de façon critique le concept d’ « information » au sens rhétorique des autres formes analogues, dont la suggestibilité reposerait précisément sur les ‘‘moments conceptuels rhétoriques’’, qui ne sont pas interchangeables avec d’autres plans ontologiques. A cet instant, la capacité de l’information serait indissolublement liée non seulement à celle du « mensonge » (parce que vérifiée) et de la « propagande » (pour des raisons de leadership), mais aussi à toutes les formes suggestives, illusoires, décevantes, hallucinatoires et paradoxales face à la réalité purement et/ou apparemment invisible.

Raphaël Capurro ne disait-il pas je cite : « …la question fondamentale de la limite de l’intelligence artificielle n’est pas celle du traitement électronique de l’information pour produire une chose ‘‘pensante’’ mais, celle de l’ouverture de la pensée dans un espace dit ‘‘artificiel’’ au  message des autres ? ». Ce qui voudrait dire en quelque sorte que ‘‘les médias ouvrent avec leur universalité et leur cynisme, le lien d’un discours éthique, d’où l’implication de la notion de pouvoir’’.

  1. Médias et pouvoir :

Tout comme dans le cas de la vérité, les médias se présentent comme un lieu privilégié du pouvoir. Les révolutions martyristes (luttes tribales des années soixante en Afrique),   les guerres (1ère et 2ème guerre mondiale), les échéances électorales, les grèves tout comme l’économie, sont de nos jours vus comme à proprement parler, des ‘’affaires médiatiques’’ liées aux intérêts égoïstes de certains vis-à-vis des autres.

A cet effet, deux questions sont à prendre en évidence, la première : les médias ou pouvoir. Qui envisage les médias dans une perspective de modernité car, elle s’apparente comme un danger pour le pouvoir établi, soit démocratiquement ou non. Puis la seconde, les pouvoirs aux médias ? Où, au lieu de mener les médias au pouvoir, il s’agira pour une société démocratique, de la chance de médiatiser et d’affaiblir le pouvoir en déconstruisant ses hiérarchies dans un espace cynique. C’est précisément cet espace cynique où tout semble perdre son poids de référence dans un régime où les partialités ont la prééminence par rapport à tout et dont les lois des combinaisons ne sont pas préétablies. Espace qui ouvrirait alors la question des « pouvoirs » en lui donnant aussitôt une dimension universelle i.e. concerne tout le monde, et plurielle i.e. concerne chacun. Ainsi dit, le règne des médias serait celui de la contradiction, de l’hétérogénéité et le principe du « tiers-inclus », d’autant plus ‘‘qu’une moralité politique qui se pense vraie universellement parce que formelle et abstraite, trouve dans sa réification technologique la chance de devenir plurielle ou poli-éthique’’. C’est le désir de penser qui donne lieu au plaisir d’agir (Alain N. Nganko, Pensée et Psychologie, éditions PUC.2009).

  1. Médias et désir :

Le leadership aidant et aussi singuliers qu’ils semblent l’être, les médias sont un lieu du désir. Désir de promouvoir l’image de la structure, de divulguer la bonne information, de partager les savoirs et les savoir-faire afin de bénéficier des différentes incidences sur les plans techniques, économiques (retombées financières), scientifiques (par les compétences multiples que les uns et les autre génèreraient), afin d’augmenter les enjeux et les priorités.

Les sociétés qui se posent seulement la question du « vrai » et du « juste » mais qui croient oublier le « désir » ne sont pas à priori des sociétés humaines. Si donc les médias sont le lieu où l’être n’est rien que son apparition médiatisée, on peut tirer la conclusion qu’ils sont un lieu privilégié du désir. Ils donnent l’impression que tout le monde tout le temps et au même moment peut tout voir et en conséquence tout désirer. Les médias ouvrent ainsi la possibilité d’un hédonisme universel. Le désir partagé et l’envie de se procurer des œuvres viendraient compenser les manquements d’une analyse moins conceptuelle de la réalité de l’information produite, même si plus tard cela s’apparente à une imprudence notoire galvanisée par des pulsions affectives et un manque de compétence cognitive. Se départir donc d’une composante intrinsèque très utile à savoir la composante stratégique, celle-là même qui nous permet une autorégulation de nos compétences face à l’information (communication), serait un tort.

Il nous faut donc croire que l’être puisse être son apparition médiatisée comme ci-dessus évoqué car, c’est en cette croyance que se trouverait l’origine du désir, étant entendu qu’il veut tout ce qui semble lointain et inaccessible dans le temps et dans l’espace. Les médias en conséquence nous feraient croire qu’ils nous apportent en ce moment la joie de l’ « immédiat », mais, comme toute technologie de plaisir, ils laissent ouvertes des questions dont-ils se veulent la réponse. D’où la question de savoir si « les médias sont une représentation du monde plein de désirs, qui se veut pour tous, mais pas de tous ? » En ce sens, elle expliquerait la notion d’hédonisme universelle comme une « maxime » mais, la réalité pour la plupart des humains, serait alors l’absence de gestalts les plus élémentaires du plaisir. A l’inverse, dans les sociétés qui ont un surplus médiatique de plaisir, se serait l’absence d’un cadre de vie qui mène aux médias en faisant d’eux un « fantôme médiatique ».

Conclusion

Au demeurant, les médias en général et l’information en particulier reposent sur un socle philosophique où les uns et les autres ont tendance à se poser les questions sur la « vérité », le « pouvoir » et le « désir ». Je ne saurais manquer de qualifier l’information, au regard de sa véracité ou de sa posture destructrice du fait de son impact ou de son influence dans la société, d’instrument de rationalité collective pouvant aider à la construction d’une société transparente aux aspects hédonistes originairement apaisés, en référence à la pluralité, à la dimension multi et hyper-médiatique de cette société dans laquelle nous vivons.

En définitive, la divergence entre le sens donné au terme « éthique de/et information » par des individus s’explique dès lors en partie par la polysémie du concept d’information (communication en général). Au bout du compte, ce que les membres d’une même société  (organisation) entendent par problèmes/enjeux de l’ « information » ou de l’« éthique », peut à la fois relever de la dimension informationnelle d’une part et de la dimension relationnelle d’autre part. La construction de l’identité et les besoins identitaires prenant corps, l’information serait donc soumise à une pluralité constructiviste et positive aux yeux de la majorité. La hiérarchie, les normes et les règles se doivent d’être respectées, ce qui nous amènerait à comprendre que le concept « relationnel » de l’information occupe une place essentielle et particulière, d’autant plus que la nature des phénomènes influencerait les rapports interpersonnels.

Il est donc nécessaire au regard des problèmes psychologiques liés aux modes de gestion inappropriés de l’information, de prendre en compte « l’information » et la « relation » lorsqu’on parle d’éthique de l’information dans une société médiatique/médiatisée./-

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